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Les femmes et la technologie : Nancy Fowler, chef de file

Le fil conducteur

Comme la plupart des adolescentes, Nancy Fowler n’avait aucune idée de ce qu’elle voulait faire dans la vie. Donc, un jour, son père l’a emmenée visiter le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, où il était chargé de cours. Cela a été le coup de foudre.

« Dès que nous sommes entrés dans le laboratoire d’électronique, je me suis sentie à ma place, raconte-t-elle. Cet espace énorme était rempli de cartes de circuits imprimés, d’oscilloscopes, d’indicateurs... et de jouets ! J’aidais mon père à réparer de vieux téléviseurs et d’autres appareils depuis des années, tâche que j’appréciais vraiment et pour laquelle j’étais douée. De plus, j’avais toujours excellé en sciences et en maths, donc c’était le choix parfait. »

C’étai au milieu des années 70, époque où le génie et la technologie n’étaient pas considérés comme des carrières « traditionnelles » pour les femmes. Il n’est donc pas surprenant que Mme Fowler ait été la seule fille dans sa classe de technologie électronique.

« Les gars ne m’acceptaient pas au début, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que j’étais douée ! »

Trente ans plus tard, elle réussit encore très bien. Actuellement titulaire du poste de directrice du bureau de gestion des programmes des solutions d’impartition à TELUS, Mme Fowler connaît une carrière variée prospère et a occupé de nombreux postes de gestion en génie et en planification de réseau au sein d’organisations comme Bell Canada, BCTEL, Telecom Canada et NBTel. Son poste en solutions d’impartition est nouveau à TELUS. Avec son équipe, Mme Fowler a élaboré un modèle d’impartition et elle gère actuellement un partenaire qui développe l’infrastructure à large bande.

« Je n’ai jamais regretté de m’être fiée à mon instinct et d’avoir suivi une voie autrefois jugée non traditionnelle pour les femmes, dit-elle. Je me lasse facilement, mais les télécommunications ne sont jamais ennuyantes. Dès que j’ai maîtrisé une tâche, une autre occasion se présente. Je poursuis mon apprentissage au cours de ma carrière. »

L’apprentissage et les nouveaux défis sont la raison pour laquelle Mme Fowler a décidé de devenir technicienne-spécialiste en électronique. Elle explique que ce travail consiste à appliquer des méthodes théoriques et pratiques pour planifier, concevoir, installer, gérer et entretenir les produits, processus, systèmes et services mis au point.

« Les possibilités et les défis sont nombreux pour les techniciens-spécialistes en électronique, dit-elle. La plupart préfèrent les projets pratiques, et il est possible de poursuivre ses études et d’obtenir un diplôme d’ingénieur si on le désire.

Madame Fowler a emprunté une autre voie. Pendant sa carrière, elle a suivi des cours de gestion et d’administration à l’Université d’Ottawa, les programmes Leaders of the Future et High Performance Leadership de TELUS à l’Université de la Colombie-Britannique, ainsi que le programme de leadership pour les cadres de direction en télécommunications de la Sauder School of Business de l’Université de la Colombie-Britannique.

Comme si une carrière exigeante ne suffisait pas, Mme Fowler est membre du conseil d’administration d’Applied Science Technologists and Technicians of BC (ASTTBC) et occupe actuellement le poste de vice-présidente de l’ASTTBC. Elle a aussi occupé les postes de secrétaire-trésorière et de directrice du conseil de l’ASTTBC.

L’ASTTBC a la responsabilité d’établir et de maintenir des normes de compétence et, par la reconnaissance professionnelle, assure que les techniciens-spécialistes et les techniciens de la Colombie-Britannique respectent des normes élevées de rendement et de professionnalisme. L’ASTTBC, qui compte plus de 8 500 membres et spécialistes techniques travaillant un peu partout dans la province, joue un rôle de chef de file en traçant des parcours de carrière en technologie et en promouvant les carrières en technologie de demain. L’ASTTBC est une société membre du Conseil canadien des techniciens et technologues, qui représente 45 000 professionnels du domaine de la technologie à l’échelle nationale.

« Cela semble beaucoup de monde, et ça l’est, mais à vrai dire, on a désespérément besoin de professionnels de la science et de la technologie au Canada, dit Mme Fowler. En tant qu’industrie, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer des gens dans le domaine du génie. Cela veut dire encourager et encadrer les jeunes — surtout les femmes — à poursuivre une carrière en science et en technologie. Cela veut dire aider les nouveaux Canadiens qui possèdent une formation en génie à faire reconnaître leurs titres professionnels au Canada. Cela signifie aussi soutenir les adultes âgés qui désirent revenir sur le marché du travail ou changer de carrière. »

Madame Fowler pratique ce en quoi elle croit. Elle est mentor à TELUS et l’a été dans le cadre du programme Leaders of Tomorrow de la chambre de commerce de Vancouver. Elle s’adresse également aux femmes à l’occasion de conférences, dans les écoles et aux collèges, pour les encourager à envisager une carrière en science et en technologie.

Elle est aussi la preuve vivante que les femmes peuvent réussir sur le plan professionnel et personnel. Elle est mariée depuis vingt ans avec Bruce, avec qui elle a eu un fils, Hazen, maintenant âgé de 18 ans.

Cependant, la vie à la maison n’est pas une détente. Malgré son horaire chargé, Mme Fowler trouve le temps de s’adonner à sa deuxième passion, la rénovation, qu’elle et son mari ont l’intention de transformer en seconde carrière à temps partiel.

« Je fais tout, affirme-t-elle. Câblage, cloisons sèches, plomberie, tout. C’est une chose que nous aimons vraiment tous les deux. Dans cinq ans environ, lorsque notre fils aura terminé l’université, nous espérons lancer notre propre entreprise de rénovation et travailler la moitié de l’année puis voyager pendant l’autre moitié. »

À une époque où la plupart des cadres occupés ont hâte de ralentir et de se la couler douce, cette jeune femme de 50 ans ne fait que trouver son rythme. Au long de sa carrière, elle a montré la voie à d’autres femmes du secteur de la technologie. Aujourd’hui, elle entend recommencer dans le domaine de la rénovation et de la sous-traitance.

« Pour moi, tout a toujours été une question d’apprentissage et de croissance — en m’amusant ! Si ces trois conditions sont remplies, on ne peut que réussir ce qu’on décide de faire. »

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